La catégorie socioprofessionnelle (PCS) organise l’espace social en regroupant les individus selon leur position dans la division du travail. Le processus de structuration repose sur la division sociale du travail, qui répartit les individus selon leur fonction productive, leur niveau de qualification et leur statut d’emploi. Ce mécanisme produit une hiérarchisation économique fondée sur la valeur ajoutée créée, le capital humain mobilisé et la position dans les rapports de production. Ainsi, les PCS constituent un outil essentiel pour comprendre la structure sociale française et ses évolutions (salarisation, tertiarisation, élévation du niveau de qualification).

Références scientifiques : Nomenclature PCS .

Les PCS reflètent des inégalités de ressources économiques et culturelles. Celles-ci reposent sur l’accumulation différenciée de :

Ces ressources influencent la capacité des groupes à accéder à des positions valorisées.

Au-delà des PCS, les distances inter-classes et intra-classes évoluent, mais restent structurantes dans la société française contemporaine.


Le revenu constitue un mécanisme direct de hiérarchisation sociale par l’accès différencié aux biens et services. Une hiérarchie économique repose sur la distribution primaire des revenus (salaires, revenus du capital) puis sur la redistribution opérée par l’État (impôts et revenus de transfert). Les inégalités de revenus sont un facteur majeur de différenciation sociale dans la société française contemporaine.


Le diplôme agit comme un mécanisme de sélection et de mobilité sociale. Le capital humain peut renforcer ou réduire les inégalités de position sociale : les individus investissent dans la formation pour augmenter leur productivité sur le marché du travail (=leur capacité à créer des richesses) et ainsi pour accéder à des emplois mieux rémunérés. Ainsi, l’élévation générale du niveau de qualification depuis les années 1960, ce qui modifie la structure socioprofessionnelle et les distances sociales.


La composition du ménage influence les conditions matérielles d’existence et la position sociale de ses membres. Le mécanisme repose sur les caractéristiques des ménages : taille du ménage, nombre d’actifs, bi- ou monoparentalité, etc. Ces éléments modifient le niveau de vie, calculé par l’INSEE en unités de consommation. Ces facteurs participent à la hiérarchisation de l’espace social en modulant les ressources disponibles par individu.

Références scientifiques : Revenus et patrimoine des ménages.


Le cycle de vie produit des inégalités liées entre les différentes étapes successives de l’existence. Le processus repose sur la succession des phases économiques : formation de l’individu, insertion professionnelle, stabilité professionnelle, retraite. Ces différentes positions dans le cycle de vie influencent les revenus, les besoins et les risques sociaux auxquels l’individu est confronté (chômage, pauvreté).

Références scientifiques : Niveau de vie selon l’âge


Le sexe structure l’espace social par la persistance des rapports sociaux de genre. Le mécanisme repose sur la division sexuée du travail, qui attribue historiquement aux femmes des emplois moins rémunérés, plus précaires et davantage à temps partiel. Bien que la féminisation des emplois soit une évolution majeure, les inégalités de genre persistent dans les rémunérations, les trajectoires professionnelles et familiales.

Références scientifiques : Lente décrue des inégalités entre les hommes et les femmes


Le lieu de résidence organise l’espace social via la ségrégation socio-spatiale. Le processus repose sur la logique économique de prix du foncier, de marché immobilier et de concentration des services. Tous les territoires (urbains, périurbains, ruraux) ne disposent pas des mêmes ressources, ce qui produit des inégalités d’accès aux services publics (notamment à l’éducation et la santé) et aussi à l’emploi.

Références scientifiques : la difficile réduction des inégalités de logement


L’espace social français est structuré par une pluralité de facteurs (PCS, revenu, diplôme, ménage, cycle de vie, sexe, territoire) qui interagissent selon des processus économiques et sociologiques cumulés. Ce processus cumulatif est multidimensionnel et procède à une hiérarchisation et une reproduction sociales fortes.

Références bibliographique: Thomas Piketty, Le Capital au XXIe siècle