Depuis l’après-Seconde Guerre mondiale, la structure socioprofessionnelle française se transforme profondément sous l’effet de la croissance économique et du progrès technique, conduisant à une relative moyennisation de la société et à une élévation du niveau de qualification. La forte croissance des Trente Glorieuses est permise par une hausse durable de la productivité du travail, en particulier dans l’agriculture et dans l’industrie. Cette dynamique provoque une baisse de l’emploi agricole et ouvrier dans la mesure où une quantité donnée de production nécessite de moins en moins de travail.

Parallèlement, l’expansion des grandes organisations publiques et privées génère une demande croissante de travail qualifié, ce qui favorise la progression des professions intermédiaires et des cadres. Ce mouvement contribue à un élargissement des groupes intermédiaires, souvent interprété comme une moyennisation, même si les hiérarchies sociales et salariales demeurent.


La salarisation et la tertiarisation constituent des transformations structurelles de long terme qui expliquent la recomposition des groupes socioprofessionnels depuis le milieu du XXᵉ siècle. La salarisation résulte de l’essor du capitalisme organisé, fondé sur les grandes entreprises d’une part et l’État employeur d’autre part. Le salariat, reposant sur le contrat de travail à durée indéterminée (CDI), permet une sécurisation des trajectoires professionnelles. Celle-ci est renforcée par la protection sociale, ce qui renforce l’attractivité du salariat par rapport au travail indépendant.

La tertiarisation repose quant à elle sur un double mécanisme :


L’élévation du niveau de qualification et la féminisation de l’emploi traduisent une transformation profonde des rapports sociaux au travail et à l’éducation. La montée progressive du capital humain répond à la fois aux besoins productifs d’économies fondées sur la connaissance et aux aspirations individuelles à l’ascension sociale. L’élévation du niveau de diplôme accompagne donc la croissance des emplois qualifiés et intermédiaires.

La féminisation du marché du travail résulte de la convergence de plusieurs processus : salarisation, tertiarisation, massification scolaire et évolution du droit du travail. L’accès des femmes à l’emploi salarié rémunéré marque leur autonomisation économique. Pour autant, cette intégration reste segmentée dans la mesure où une concentration dans certains métiers les qualifient de féminins et que des inégalités nombreuses persistent entre hommes et femmes sur le marché du travail.