(A)L’accumulation des Mot clé . (E) paragraphe.

Théories et processus

🟥 FICHE REGARDS CROISES (en-tête rouge)

(Processus d’alerte → médiatisation → mobilisation → mise à l’agenda)

La construction d’un problème environnemental comme problème public résulte d’un ensemble d’acteurs qui participent à un processus progressif analysé par les politistes qui mettent en lumière la notion de fenêtre d’opportunité. En l’occurrence, pour John Kingdon (1984), un problème émerge dans l’agenda politique lorsque se rejoignent trois «courants» :

🟥 1.1. Le rôle central des experts scientifiques

Les experts identifient les risques et produisent des connaissances validées. Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), créé en 1988, a joué un rôle décisif :

Les rapports du GIEC ont ainsi servi :

🟥 1.2. ONG, mouvements citoyens et opinion publique

Les ONG environnementales jouent un rôle clé d’intermédiaires : elles transforment l’expertise scientifique en revendications politiques. Elles utilisent plusieurs répertoires de l’action collective:

Exemples :

Les mouvements citoyens, tels que Fridays for Future créé par Greta Thunberg, ou les mobilisations massives relayées par les réseaux sociaux, participent à l’élargissement du débat public.

Enfin, des dispositifs innovants comme la Convention Citoyenne pour le Climat (France, 2019) illustrent une évolution vers une démocratie participative, où des citoyens tirés au sort formulent des propositions.

🟥 1.3. Les partis politiques

Les partis jouent un rôle de sélection et de hiérarchisation des problèmes dans l’agenda politique. Quand ils placent l’environnement au centre de leur programme, ils contribuent à la reconnaissance institutionnelle de ces enjeux.


(Mécanismes économiques : incitations, réputation, RSE, asymétrie d’information, lobbying)

Les entreprises réagissent aux enjeux environnementaux selon deux logiques économiques principales :

🟥 2.1. Stratégies de freinage (« obstruction »)

Certaines firmes cherchent à limiter les nouvelles réglementations pour préserver leurs profits (logique d’optimisation du profit marginal).
→ Elles mobilisent le lobbying pour défendre leurs intérêts (cf. film Goliath, 2021).
→ Elles peuvent produire des études privées, générant parfois une asymétrie d’information entre décideurs et citoyens.

🟥 2.2. Stratégies d’adaptation ou d’intégration

D’autres entreprises intègrent l’environnement dans leur stratégie pour :

Cette démarche se traduit par des politiques de Responsabilité Sociale et Environnementale (RSE).

🟥 2.3. Rôle des pouvoirs publics

Les pouvoirs publics assurent la traduction opérationnelle de ces enjeux. En France, l’ADEME finance et accompagne des projets dans :

Ce rôle est essentiel pour corriger les externalités négatives, concept économique selon lequel une activité (ex. pollution) impose un coût à la société qui ne figure pas dans le prix de marché.


(Analyse par les mécanismes d’intérêts divergents / convergents)

🟥 3.1. Les conflits : divergence d’intérêts et jeux de pouvoir

Lorsque les intérêts économiques, symboliques ou politiques ne convergent pas, des relations conflictuelles apparaissent.

Exemple : algues vertes en Bretagne

Ce type de conflit illustre un mécanisme classique :

🟥 3.2. Les coopérations : recherche d’intérêts communs

D’autres relations reposent sur la convergence :

Selon Elinor Ostrom (1990), la coopération peut permettre une gestion efficace de ressources communes, grâce à :

Cette coopération est d’autant plus importante que les ressources environnementales sont souvent des biens communs, exposés à des risques de surexploitation (cf. tragédie des biens communs de Garrett Hardin, 1968).