Fiche n°12-1
La construction des problèmes environnementaux comme problèmes publics
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(A)L’accumulation des Mot clé . (E) paragraphe.
Théories et processus
🟥 FICHE REGARDS CROISES (en-tête rouge)
- TITRE : en NOIR ou ANTHRACITE, MAJUSCULES, avec une bordure fine (ex. : LES RÉGIMES POLITIQUES)
- MOTS-CLÉS : écrits en CAPITALES, surlignés en VIOLET ou JAUNE
- INSTITUTIONS/NOTIONS CLÉS : dans un encadré au fond gris clair
- COURANT DE PENSÉE / THÉORICIEN : texte en vert foncé, précédé d’un symbole comme 🏛️
- EXEMPLES/ACTUALITÉ : en rouge vif ou italique, avec la date entre parenthèses
1. Le point de départ: les rôles joués par les experts, la société civiles organisée puis par les partis politiques
(Processus d’alerte → médiatisation → mobilisation → mise à l’agenda)
La construction d’un problème environnemental comme problème public résulte d’un ensemble d’acteurs qui participent à un processus progressif analysé par les politistes qui mettent en lumière la notion de fenêtre d’opportunité. En l’occurrence, pour John Kingdon (1984), un problème émerge dans l’agenda politique lorsque se rejoignent trois «courants» :
- le courant des problèmes (mesures scientifiques, catastrophes, alertes),
- le courant des solutions (propositions techniques ou politiques),
- le courant politique (décideurs, élections, rapports de force).
🟥 1.1. Le rôle central des experts scientifiques
Les experts identifient les risques et produisent des connaissances validées. Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), créé en 1988, a joué un rôle décisif :
- 1990 : Le premier rapport établit scientifiquement la réalité du réchauffement climatique.
- 1992 : Le GIEC contribue à l’adoption de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).
Les rapports du GIEC ont ainsi servi :
- à légitimer l’action des ONG,
- à influencer les partis politiques,
- à nourrir la mobilisation citoyenne.
🟥 1.2. ONG, mouvements citoyens et opinion publique
Les ONG environnementales jouent un rôle clé d’intermédiaires : elles transforment l’expertise scientifique en revendications politiques. Elles utilisent plusieurs répertoires de l’action collective:
- Boycott (pression économique),
- Opérations coup de poing (médiatisation forte),
- Lobbying et plaidoyer (pression sur les institutions),
- Campagnes d’information.
Exemples :
- Greenpeace a contribué à l’interdiction des OGM dans la plupart des pays européens en 2015.
- WWF mobilise l’opinion par de vastes campagnes éducatives.
- Sea Shepherd alerte sur l’importance de l’équilibre complexe, fragile et indispensable à la vie humaine de la biodiversité de nos mers et faire respecter les lois internationales en matière de conservation
Les mouvements citoyens, tels que Fridays for Future créé par Greta Thunberg, ou les mobilisations massives relayées par les réseaux sociaux, participent à l’élargissement du débat public.
Enfin, des dispositifs innovants comme la Convention Citoyenne pour le Climat (France, 2019) illustrent une évolution vers une démocratie participative, où des citoyens tirés au sort formulent des propositions.
🟥 1.3. Les partis politiques
Les partis jouent un rôle de sélection et de hiérarchisation des problèmes dans l’agenda politique. Quand ils placent l’environnement au centre de leur programme, ils contribuent à la reconnaissance institutionnelle de ces enjeux.
2. Le rôle des entreprises (entre contraintes économiques et stratégies d’image) et des pouvoirs publics
(Mécanismes économiques : incitations, réputation, RSE, asymétrie d’information, lobbying)
Les entreprises réagissent aux enjeux environnementaux selon deux logiques économiques principales :
🟥 2.1. Stratégies de freinage (« obstruction »)
Certaines firmes cherchent à limiter les nouvelles réglementations pour préserver leurs profits (logique d’optimisation du profit marginal).
→ Elles mobilisent le lobbying pour défendre leurs intérêts (cf. film Goliath, 2021).
→ Elles peuvent produire des études privées, générant parfois une asymétrie d’information entre décideurs et citoyens.
🟥 2.2. Stratégies d’adaptation ou d’intégration
D’autres entreprises intègrent l’environnement dans leur stratégie pour :
- réduire les coûts futurs,
- obtenir un avantage réputationnel,
- répondre à la demande des consommateurs,
- respecter les normes.
Cette démarche se traduit par des politiques de Responsabilité Sociale et Environnementale (RSE).
🟥 2.3. Rôle des pouvoirs publics
Les pouvoirs publics assurent la traduction opérationnelle de ces enjeux. En France, l’ADEME finance et accompagne des projets dans :
- l’énergie,
- la qualité de l’air,
- l’économie circulaire,
- la lutte contre les déchets.
Ce rôle est essentiel pour corriger les externalités négatives, concept économique selon lequel une activité (ex. pollution) impose un coût à la société qui ne figure pas dans le prix de marché.
3. Relations entre acteurs : conflits, négociations et coopérations
(Analyse par les mécanismes d’intérêts divergents / convergents)
🟥 3.1. Les conflits : divergence d’intérêts et jeux de pouvoir
Lorsque les intérêts économiques, symboliques ou politiques ne convergent pas, des relations conflictuelles apparaissent.
Exemple : algues vertes en Bretagne
- Experts et associations (Halte aux marées vertes) alertent sur les nitrates dus à l’agriculture intensive.
- Le Syndicat agricole majoritaire (FNSEA) et industries agroalimentaires défendent leur activité, craignant des coûts supplémentaires et une dégradation de leur image.
Ce type de conflit illustre un mécanisme classique :
- les acteurs dont les coûts privés augmenteraient s’opposent aux régulations,
- les acteurs supportant les coûts sociaux défendent l’action publique.
🟥 3.2. Les coopérations : recherche d’intérêts communs
D’autres relations reposent sur la convergence :
- ONG + entreprises pour lutter contre le gaspillage alimentaire,
- ONG + experts pour protéger les espèces menacées,
- groupes d’intérêt fournissant expertise scientifique aux décideurs.
Selon Elinor Ostrom (1990), la coopération peut permettre une gestion efficace de ressources communes, grâce à :
- la confiance,
- les règles partagées,
- la participation collective.
Cette coopération est d’autant plus importante que les ressources environnementales sont souvent des biens communs, exposés à des risques de surexploitation (cf. tragédie des biens communs de Garrett Hardin, 1968).

