Fiche 2-2
L’offre et la demande
I. La demande : comportements, types de biens et exceptions
1. La demande dépend du prix de façon inverse
La demande d’un bien ou service diminue lorsque son prix augmente (on dit: « toutes choses égales par ailleurs »).
Cette relation s’explique par le fait que les demandeurs (souvent les consommateurs) cherchent à maximiser leur satisfaction sous contrainte de leur pouvoir d’achat. Quand le prix monte, ils renoncent à certains achats ou se tournent vers des biens substituables. Sur un graphique, la courbe de demande est décroissante: plus le prix est élevé, plus la quantité demandée est faible.
2. L’élasticité de la demande:
L’élasticité-prix de la demande mesure la réaction des consommateurs à une variation du prix.
Formellement, la formule mathématique est : élasticité de la demande = (variation % de la quantité demandée) / (variation d’1% du prix).
Elle indique si la demande varie beaucoup (élastique) ou peu (inélastique) quand le prix change.
- La demande est élastique lorsque les consommateurs réagissent fortement aux variations de prix. Cela concerne surtout les biens non essentiels ou ayant des substituts (ex. vêtements de marque, loisirs). Une hausse du prix provoque alors une forte baisse de la quantité demandée. La courbe de demande est proche de l’horizontale.
- La demande est inélastique lorsque les consommateurs réagissent peu au prix. C’est le cas des biens de première nécessité (ex. pain, essence) : même si le prix augmente, on continue à acheter. Le prix influence donc faiblement la consommation. La courbe de la demande est plus verticale.
Pour le bien normaux, l’élasticité-prix de la demande est négative : lorsque le prix augmente, la demande diminue.
2. biens normaux, biens de Giffen et biens de Veblen
La demande d’un bien ne dépend pas seulement du prix, mais aussi du pouvoir d’achat des consommateurs.
- Pour un bien normal, quand le pouvoir d’achat augmente, la demande augmente aussi (ex. : vêtements de marque, vacances). L’élasticité-prix de la demande est négative.
- Certains biens ne respectent pas la loi classique de la demande.
Un bien de Giffen est un bien de première nécessité pour lequel une hausse du prix conduit paradoxalement à une hausse de la demande, car la baisse du pouvoir d’achat pousse à consommer davantage de ce bien moins cher que les autres substituts. C’est le cas du pain ou riz dans des contextes de pauvreté. L’élasticité-prix de la demande est positive dans ces conditions. - Un bien de Veblen est un bien de luxe dont la demande augmente avec le prix parce que la consommation de ce bien procure un statut social. Cet effet de prestige correspond à la demande de certains biens de luxe comme le caviar.
Ces exceptions montrent que la demande dépend aussi de facteurs psychologiques et sociaux.
II. L’offre : déterminants, élasticités et différences de réaction
1. L’offre varie positivement avec le prix
L’offre d’un bien correspond à la quantité que les producteurs sont disposés à vendre à un prix fixé. Lorsque le prix augmente, la production devient plus rentable, ce qui incite les producteurs à accroître leur production ou à attirer de nouveaux entrants sur le marché. La courbe d’offre est donc croissante : plus le prix est élevé, plus la quantité offerte augmente.
D’autres facteurs peuvent la déplacer : le coût des facteurs de production, les progrès techniques, les impôts et subventions.
2. L’élasticité-prix de l’offre : mesurer la sensibilité des producteurs
L’élasticité-prix de l’offre mesure la variation relative de la quantité offerte lorsqu’un prix varie d’un certain pourcentage.
Formellement, la formule mathématique est : Élasticité de l’offre = (variation % de la quantité offerte) / (variation d’1% du prix)
- Si l’élasticité est forte (> 1), une hausse du prix de 1% entraîne une hausse de la production supérieure à 1% : l’offre est dite élastique.
- Si l’élasticité est faible (< 1), la quantité offerte varie peu moins de 1% lorsque le prix varie de 1% : l’offre est dite inélastique.
Cette mesure de l’élasticité-prix de l’offre aide à comprendre la capacité d’adaptation des producteurs à un changement de prix. Elle détermine la pente de la courbe d’offre: plus l’élasticité est forte, plus la courbe est horizontale.
3. Les différences d’élasticité de l’offre selon les marchés
Tous les marchés n’ont pas la même élasticité-prix de l’offre, car certains biens peuvent être produits ou substitués plus facilement que d’autres.
- Si la production est rapide, les stocks importants, l’offre est souvent élastique : les producteurs peuvent répondre vite à la demande.
- À l’inverse, quand la production nécessite du temps, des facteurs spécifiques (ex. terres agricoles, infrastructures lourdes), ou qu’il n’existe pas de substituts, l’offre est inélastique.
Ces différences expliquent pourquoi certains marchés s’ajustent rapidement aux variations de prix, alors que d’autres mettent plusieurs années à s’équilibrer.

