1- La croissance économique repose sur des mécanismes d’accumulation et de productivité qui exercent une pression croissante sur les ressources naturelles

(A)La croissance économique est historiquement fondée sur l’accumulation des facteurs de production (capital et travail) et sur l’accroissement de la productivité globale des facteurs (PGF). (E)Ce processus repose sur l’exploitation intensive des ressources naturelles, la consommation énergétique et l’extension des infrastructures. Selon les données du Collège de France, la croissance du PIB mondial depuis 1950 s’est accompagnée d’une augmentation massive de la consommation de matières premières et d’énergie fossile.

Ce modèle productiviste, fondé sur le progrès technique et l’innovation, génère des externalités négatives telles que la pollution, la déforestation, et l’épuisement des ressources. L’OCDE estime que d’ici 2060, la demande mondiale en matières premières pourrait tripler, aggravant les tensions écologiques. Ce phénomène illustre une contradiction entre la logique d’expansion économique et la finitude des écosystèmes.

2 –Les limites écologiques se manifestent par des dégradations environnementales qui rétroagissent sur le processus de croissance

Les limites écologiques ne sont pas seulement des contraintes physiques : elles deviennent des freins économiques lorsque les dégradations environnementales affectent la santé, la productivité ou les infrastructures. Le Collège de France souligne que la pollution atmosphérique, la perte de biodiversité et le réchauffement climatique engendrent des coûts économiques croissants

Par exemple, la Banque mondiale a estimé que les coûts environnementaux liés à la croissance en Chine représentaient jusqu’à 10 % du PIB entre 2000 et 2010. . Ces coûts incluent la surmortalité liée à la pollution, la baisse de l’espérance de vie, et les pertes agricoles dues aux événements climatiques extrêmes. Ce processus illustre une rétroaction négative : la croissance dégrade l’environnement, qui à son tour freine la croissance.

3 – La soutenabilité de la croissance dépend de la capacité des institutions à intégrer les contraintes écologiques dans les mécanismes économiques

Face à ces limites, la soutenabilité de la croissance repose sur l’internalisation des externalités négatives et sur la mise en place d’institutions économiques et environnementales efficaces. Le Collège de France insiste sur le rôle des politiques publiques, des droits de propriété environnementaux, et des incitations à l’innovation verte.

Le choix entre soutenabilité faible (substitution du capital naturel par le capital technique) et soutenabilité forte (préservation stricte des ressources) structure les débats économiques contemporains. L’INSEE et le ministère de l’Économie recommandent une approche intégrée, combinant taxation écologique, investissements dans la transition énergétique, et indicateurs alternatifs au PIB (comme l’empreinte écologique ou l’IDH ajusté).