Fiche
n°10-2
Tous les groupes sociaux s’engagent-ils politiquement?
1. Les variables socio-démographiques influençant l’engagement politique
L’engagement politique ne concerne pas tous les citoyens de manière égale. Plusieurs variables socio-démographiques permettent de comprendre les différences de participation :
- La catégorie socioprofessionnelle (PCS) : Les cadres et professions intellectuelles supérieures (CPIS) ainsi que les professions intermédiaires sont les plus mobilisés politiquement, que ce soit par le vote ou par l’engagement associatif. À l’inverse, les ouvriers et employés sont moins présents dans les formes d’engagement institutionnel.
- Le niveau de diplôme : L’engagement politique augmente avec le niveau de diplôme. Daniel Gaxie, dans Le cens caché (1978), montre que les moins diplômés s’autocensurent : bien que le droit de vote soit universel, ils se sentent peu légitimes ou compétents pour participer aux décisions politiques. Le capital culturel joue ici un rôle central dans la disposition à s’engager.
- Le genre : Si le vote est globalement équivalent entre hommes et femmes, les formes d’engagement diffèrent. Les hommes sont plus présents dans les partis politiques et les syndicats, tandis que les femmes s’investissent davantage dans des associations caritatives ou des formes de consommation engagée. Cette différence s’explique par la socialisation genrée et les rôles sociaux différenciés (cf. travaux de Françoise Héritier et Christine Delphy).
2. L’âge et la génération : deux dimensions complémentaires
- L’âge : La participation électorale augmente avec l’âge. Les personnes âgées votent davantage et s’abstiennent moins. Elles sont aussi plus investies dans les associations. Les jeunes, en revanche, privilégient des formes d’engagement plus protestataires ou informelles : manifestations, marches, ZAD, activisme numérique.
- La génération : L’appartenance à une génération — c’est-à-dire avoir vécu les mêmes événements historiques à un âge similaire — influence les formes d’engagement. Les jeunes des années 2000, par exemple, sont plus sensibles à la consommation responsable et aux enjeux climatiques, tandis que les jeunes de Mai 68 privilégiaient les luttes syndicales et politiques. Cette approche générationnelle est développée par Karl Mannheim dans sa théorie des générations.
Quelques sources complémentaires
L’engagement des jeunes depuis 2020

