Dossier pédagogique : SPT 12-6

Le climat peut être analysé comme un bien commun, c’est-à-dire un bien non excluable et devenu rival du fait des émissions de gaz à effet de serre. En effet, aucun État ne peut être exclu du bénéfice d’un climat stabilisé, mais les émissions excessives de certains pays dégradent la qualité du climat pour l’ensemble des autres.
Dans ce contexte, chaque État, individuellement rationnel, est confronté à un arbitrage coûts/bénéfices : réduire ses émissions implique des coûts économiques immédiats, tandis que les bénéfices climatiques sont diffus, collectifs et de long terme. Ce décalage incite certains pays à adopter un comportement de passager clandestin, consistant à laisser les autres supporter le coût de la réduction des émissions tout en bénéficiant des effets positifs globaux. Ce mécanisme conduit à une sous-production d’efforts climatiques, analogue à la tragédie des biens communs, bien identifiée dans l’analyse économique des ressources naturelles.


Les accords internationaux sur le climat reposent sur des engagements volontaires, ce qui limite leur efficacité économique. En effet, la gouvernance climatique mondiale se caractérise par l’absence d’autorité supranationale capable d’imposer des sanctions crédibles. Les accords internationaux, comme l’Accord de Paris de 2021, fonctionnent principalement sur la base d’engagements volontaires non contraignants, appelés contributions. Ces engagements unilatéraux sont déterminées au niveau national. Ainsi, chaque État (puisque volontaire et non contraint) reste souverain dans la définition et la mise en œuvre de sa politique climatique. De façon générale, un Etat accepte de s’engager que si les autres le font également. On parle de coopération conditionnelle. Toute défection, comme le retrait des États-Unis présidés par D. Trump, affaiblit la crédibilité de l’accord et renforce les incitations à la non coopération. Il en résulte un équilibre sous-optimal, c’est-a-dire que les engagements agrégés sont insuffisants pour atteindre l’objectif de stabilisation du climat.


Les fortes inégalités de développement entre pays rendent indispensable un traitement différencié des efforts climatiques. Les différences de développement tendent à définir deux catégories de pays portant chacun sa part de responsabilité dans la dégradation du climat. La première catégorie regroupe les premiers pays économiquement développés. Ceux-là portent une responsabilité historique majeure dans l’accumulation des émissions de GES, du fait de leur industrialisation précoce et de la lenteur de la dégradation des GES dans l’atmosphère.

À l’inverse, l’autre catégorie rassemble les pays en développement économique qui connaissent aujourd’hui une hausse rapide de leurs émissions. Ceux-là disposent de capacités économiques et technologiques plus limitées. Il leur est difficile, sinon impossible, d’allier développement économique et limitation des émissions de GES.

Une troisième catégorie de pays pourrait être définie avec les pays pauvres qui ne connaissant pas de décollage économique, émettent finalement très peu de GES, mais sont les premières victimes des effets du dérèglement climatique.

Cette asymétrie conduit à une revendication de justice climatique, fondée sur le principe de responsabilité commune mais différenciée. Le mécanisme économique consiste à répartir les efforts climatiques en fonction de la capacité contributive et de la responsabilité passée, afin de ne pas freiner excessivement la croissance des pays en développement.
Cependant, cette différenciation, bien que légitime sur le plan de l’équité, complexifie les négociations, car elle suppose des transferts financiers et technologiques importants, comme ceux envisagés lors de la COP21, dont la mise en œuvre reste partielle selon les analyses de l’OCDE.