L’action collective repose sur une diversité croissante d’acteurs sociaux, chacun porteur de logiques économiques et politiques distinctes. Historiquement centrée sur les partis politiques et les syndicats, l’action collective s’est élargie aux associations, collectifs informels, Organisations Non Gouvernementales et mouvements numériques. Ce processus de diversification s’explique par la transformation des structures de socialisation (famille, école, pairs) et par l’évolution des répertoires d’action (manifestations, pétitions, campagnes numériques). Ces acteurs mobilisent des ressources économiques (financement, capital social, accès aux médias) et des stratégies d’influence, souvent en réponse à des défaillances perçues de l’État ou du marché. L’INSEE souligne que les associations représentent aujourd’hui plus de 1,5 million d’entités en France, illustrant leur poids économique et social dans la sphère publique.

Les acteurs de l’action collective évoluent selon des mécanismes de recomposition identitaire, d’adaptation stratégique et de rationalisation économique. La transformation des acteurs s’opère par un processus d’institutionnalisation (ex. : reconnaissance juridique, subventions publiques), mais aussi par des dynamiques de concurrence et de segmentation du marché militant. Les syndicats, par exemple, ont dû adapter leur offre revendicative à une économie post-industrielle marquée par la précarisation et la tertiarisation de l’emploi. Les associations environnementales, quant à elles, intègrent des logiques de performance et d’évaluation inspirées du management public (indicateurs, tableaux de bord). Ce processus de rationalisation transforme les modes d’action en les alignant sur des critères d’efficacité économique.