SPT
1-7
Quelles sont les limites écologiques à la croissance économique ?
Etape 1 : Comprendre que la croissance fait peser une pression croissante sur l’environnement
| Mot de vocabulaire | Définition |
|---|---|
| Capital naturel | |
| Externalité négative | |
| Epuisement des ressources | |
| Innovation verte | |
| Développement durable | |
| Soutenabilité faible / forte |
Activité 1 Qu’est-ce que la biopiraterie ?
Une entreprise pharmaceutique européenne découvre qu’une plante utilisée depuis des siècles par une communauté amazonienne a des propriétés médicinales exceptionnelles. Elle extrait la molécule active, la brevète, et commercialise un médicament à prix élevé. La communauté locale ne reçoit ni reconnaissance ni compensation.
Par groupe de 6 élèves, remplissez le tableau suivant selon le cas à traiter.
| Y a-t-il surexploitation de la ressource naturelle ? | |
| Y a-t-il spoliation des savoirs autochtones ? | |
| Qui concentre les bénéfices tirés de l’exploitation de la ressource ? | |
| Quel(s) préjudice(s) subisse(nt) les populations autochtones ? |
Après vous être renseigné sur le Protocole de Nagoya, Rédigez un argumentaire pour expliquer ses objectifs d’une part, pour montrer qu’il a été respecté / n’a pas été respecté dans votre cas pratique.
| Groupe 1 | Le neem en Inde |
| Groupe 2 | Le curcuma en Asie |
| Groupe 3 | Le quinoa en Amérique du Sud |
| Groupe 4 | Le brevet sur le riz basmati |
| Groupe 5 | Le brevet sur l’ayahuasca |
Document 1: L’épuisement des ressources naturelles
On parlera […] des ressources naturelles au sens économique quand les ressources seront utilisables avec la technologie existante et exploitable avec les prix actuels. […] Étant utiles à l’homme, leur usage peut conduire à leur disparition et elles sont donc souvent des contraintes pour la croissance économique. […] La ressource naturelle est avant tout un stock fini de matière, dont l’usage ne peut que conduire à son épuisement final. On parlera dans ce cas de ressource épuisable, comme toutes les ressources minérales, charbon, or, aluminium, …, mais aussi comme le gaz ou le pétrole. Notons enfin qu’il existe une différence entre ressources épuisables selon leur caractère durable ou non. […] Certains minéraux, comme l’or ou l’argent, peuvent être recyclés dans certains de leurs usages et sont donc durables, contrairement au pétrole par exemple. Cependant, si ce caractère peut retarder l’épuisement de la ressource, il ne peut pas l’empêcher définitivement. Dans ce sens, les ressources épuisables s’opposent à d’autres ressources naturelles qui ont une capacité propre de régénération et qu’on nomme pour cela des ressources renouvelables. La forêt ou les poissons en sont les exemples les plus classiques. […] D’un point de vue plus économique, toutes les ressources sont en fait épuisables si on entend par épuisable la possibilité d’une utilisation qui conduise à la disparition de la ressource. Les cris d’alarme de ce début de siècle sur la perte de biodiversité et la disparition de nombreuses espèces animales montrent que cette possibilité n’est pas seulement théorique.
Gilles Rotillon, Économie des ressources naturelles, La Découverte, 2019.
- Distinguez les ressources naturelles épuisables et les ressources naturelles renouvelables.
- Pourquoi les ressources renouvelables sont-elles menacées de disparition ?
- Quelles sont les conséquences économiques de l’épuisement des ressources naturelles ?
Document 2: Les conséquences économiques de la pollution de l’air extérieur, un exemple d’externalité négative
La pollution atmosphérique affecte déjà la santé humaine et l’agriculture. Elle entraîne aussi toute une série d’autres effets. Ces effets devraient devenir beaucoup plus graves dans les décennies à venir.
L’augmentation des émissions de polluants de l’air se traduit par un accroissement des concentrations de particules (PM2.5) et d’ozone troposphérique. Dans de nombreux lieux, les concentrations moyennes de PM2.5 et d’ozone atteignent des niveaux déjà bien supérieurs aux niveaux de référence recommandés par les lignes directrices de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) relatives à la qualité de l’air.
Selon les projections, l’augmentation des concentrations de PM2.5 et d’ozone entraînera à son tour des effets importants sur l’économie. D’après les calculs présentés dans ce rapport, les coûts des soins de santé liés à la pollution de l’air devraient passer de 21 milliards USD en 2015 (montants convertis en USD constants de 2010 sur la base des PPA) à 176 milliards USD en 2060. D’ici à 2060, le nombre annuel de jours de travail perdus atteindra 3.7 milliards (contre environ 1.2 milliard actuellement) au niveau mondial, ce qui aura des effets sur la productivité du travail.
Les impacts marchands de la pollution de l’air, qui comprennent ceux sur la productivité du travail, sur les dépenses de santé et le sur rendement des cultures agricoles, impliqueraient, selon les projections, une augmentation progressive des coûts économiques globaux, qui atteindrait 1 % du produit intérieur brut (PIB) mondial en 2060.
Les conséquences les plus néfastes de la pollution de l’air extérieur sont liées au nombre de décès prématurés. Ce rapport prévoit une augmentation du nombre de décès prématurés imputables à la pollution de l’air extérieur d’environ 3 millions de personnes en 2010, selon les dernières estimations de la charge mondiale de morbidité (CMM), à un intervalle de 6 à 9 millions par an en 2060. Ces décès sont particulièrement nombreux dans les régions à forte densité de population, où les concentrations de PM2.5 et d’ozone sont élevées (notamment la Chine et l’Inde), ainsi que dans les régions où la population est vieillissante (comme la Chine et l’Europe de l’Est).
OCDE L’essentiel strat égique, Les conséquences économiques de la pollution de l’air extérieur, juin 2016
- Quelle serait la définition économique de pollution ?
- Quel est l’effet de la pollution sur le capital humain ?
- Comment vont évoluer les coûts des soins de santé liés à la pollution de l’air entre 2015 et 2060 ? Quelle conséquence sur la croissance économique ?
Etape 2: Comprendre le rôle des joué par les innovations
Document 4 L’innovation devraient permettre de faire face à l’épuisement des ressources naturelles
La forte hausse des prix pétroliers causée par la crise des armées 1970 a poussé à de nouvelles recherches, qui ont conduit à la découverte de nouveaux gisements de pétrole et de gaz naturel : les réserves mondiales de pétrole sont passées, de 1978 à 2004, de 406 à 1 189 milliards de barils, en dépit d’une consommation, pendant la période concernée, d’importants tonnages de pétrole. La hausse des coûts rentabilise aussi la réalisation de recherche pour découvrir de nouvelles techniques qui augmenteront la productivité des ressources en cours d’épuisement ou abaisseront le coût d’emploi d’autres matériaux. Même s’il s’avère impossible de réduire ce dernier, les produits de remplacement peuvent être rentabilisés par la hausse du prix des ressources non renouvelables.
D. H. Perkins, S. Radelet. D. L. Lindauer, Économie du développement, De Boeck Supérieur, 2008.
- Pourquoi les craintes, exprimées dans les années 1970, d’une croissance qui bute sur l’épuisement du pétrole n’ont-elles pas été vérifiées ?
- Pourquoi la hausse du prix du pétrole incite-t-elle les constructeurs automobiles à faire de la recherche pour proposer des motorisations plus sobres ?
Document 5: les innovations peinent à être écologiquement vertueuses
1er argument : Si les travaux sur l’innovation environnementale aboutissent à démontrer clairement une évolution vers des technologies plus respectueuses de l’environnement, il faut s’interroger sur leur effet global sur l’environnement.
Tout d’abord, améliorer l’efficacité du système productif dans l’utilisation de ses ressources n’aboutit pas toujours à réduire leur demande. C’est « l’effet rebond », qui a été observé de longue date dans un grand nombre de domaines, en particulier celui de l’efficacité énergétique : on a constaté en effet que l’augmentation de l’efficacité énergétique, depuis le premier choc pétrolier, n’avait pas entrainé de baisse de la consommation énergétique mais au contraire son augmentation. […]
2ème argument : Ensuite, insister sur l’innovation environnementale ne doit pas faire oublier que l’innovation a longtemps été… non environnementale, et le reste pour une grande part : les innovations ayant abouti au développement de l’agriculture, de l’industrie et maintenant des services se sont longtemps peu préoccupées de la préservation de l’environnement, qui reste un souci récent. L’exemple le plus parlant est celui des NTIC, qui sont au cœur du processus de croissance contemporain et des politiques d’innovation. […]
https://shs.cairn.info/revue-vie-et-sciences-de-l-entreprise-2012-2-page-39?lang=fr#s1n3
3ème argument : A construire à l’aide de vos connaissances sur les droits de propriété immatérielle.
- Trouvez une illustration domestique de l’effet rebond.
- Illustrez le 2nd argument :
- Avec l’avènement de l’I.A.
- Avec le concept d’obsolescence programmée.
Etape 3: Le développement durable est-il soutenable ?
Document 5:
La soutenabilité forte considère que la substituabilité des biens environnementaux (et par extension sociaux) avec d’autres est faible : ils sont uniques et foncièrement différents des biens marchands. Ils sont peu monétisables voire incommensurables car leur apport à la société est avant tout lié à un usage non consumériste. En conséquence, un appel au changement radical de système économique est associé à cette approche de soutenabilité forte puisqu’elle prend ses distances avec la valorisation marchande (de la terre, de la santé, des connaissances…) qui a de plus en plus dominé l’économie à travers le monde.
Même si des débats subsistent chez les économistes hétérodoxes sur le sens à donner à la soutenabilité forte et sur sa pertinence comme critère d’identification de l’économie hétérodoxe, il me semble que la soutenabilité forte reste un référentiel foncièrement hétérodoxe. En effet, elle permet d’imaginer un monde dans lequel la sphère économique, inventée par l’espèce humaine donc finalement héritière de ses limites, serait ré-encastrée dans la temporalité de la nature (et dans celle du corps humain et de son rythme naturel) et lui serait soumise. […]
La soutenabilité forte appelle, contrairement à la soutenabilité faible, à une rupture radicale avec le système économique dominant. Elle repose en effet sur l’impossibilité d’une manipulation de la nature sans conséquences en chaîne sur les écosystèmes et leurs dégâts collatéraux sur les économies et les sociétés. À cet égard elle s’inscrit pleinement dans l’économie hétérodoxe.
Bruno Boidin, « Enfin la soutenabilité forte ? Économie hétérodoxe et monde post-Covid 19 » juillet 2020,
- Qu’est-ce qu’un économiste hétérodoxe ?
- Qu’est-ce que la soutenabilité ? Pourquoi ce concept prend-il de l’importance ?
- Qu’est-ce que la soutenabilité forte ?
Document : La transition énergétique n’a pas lieue
Si on revient au domaine de l’énergie, une des conséquences de l’effet rebond est de consacrer la prééminence des énergies fossiles dans la demande d’énergie mondiale : depuis les chocs pétroliers, et jusque dans les prévisions énergétiques de l’AIE à l’horizon 2050, on considère que le mix énergétique mondial comportera une part importante de combustibles fossiles, principalement par l’accès que vont avoir une population croissante des pays émergents aux standards de vie des pays les plus avancés. Et de ce fait, les progrès qui pourront être apportés dans leur utilisation, que ce soit en termes d’amélioration de leur efficacité énergétique ou en termes de baisse de leurs rejets, auront pour effet de prolonger leur utilisation. De ce point de vue le passage à une croissance verte dans les pays riches aura pour effet de permettre aux pays les plus pauvres d’accéder à une croissance utilisant des énergies fossiles.

